LES GRANDS DÉBATS EN SANTÉ ENVIRONNEMENT

 

 

 
 

 
 

   Les maladies chroniques et l'environnement, la nécessité de réduction des concentrations dans l'air ambiant en particules fines, réduction d'émissions dans l'air et dans l'eau de substances toxiques, réduction des risques liés aux rejets de médicaments dans l'environnement, réduction de l'exposition aux substances préoccupantes dans l'habitat et les bâtiments accueillant des enfants, réduction des  perturbateurs endocriniens, des pesticides, des nanomatériaux (etc.). La liste est longue et les défis sont nombreux.

Ainsi,  le PNSE 3 2015-2019  (Plan National Santé Environnement) permet de poursuivre et d'amplifier les actions conduites par les deux précédents PNSE dans le domaine de la santé environnementale, affichant l'ambition d'établir une feuille de route gouvernementale afin de réduire significativement l'impact des altérations de notre environnement sur notre santé.

Rappelons le, la qualité de notre environnement est un des principaux déterminants de l'état de santé des populations et la définition proposée par le bureau européen de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) en 1994 lors de la conférence d'Helsinki, "la santé environnementale (environmental health) comprend les aspects de la santé humaine, y compris la qualité de la vie, qui sont déterminés par les facteurs physiques, chimiques, psychosociaux et esthétiques de notre environnement. Elle concerne également la politique et les pratiques de gestion, de résorption, de contrôle et de prévention des facteurs environnementaux susceptibles d'affecter la santé des générations actuelles et futures ", démontre que l'impact de la dégradation de l'environnement sur la santé humaine est à la fois une des préoccupations majeures de santé publique et un thème écologique central.

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Maladies chroniques et Environnement   

Venons-en à présent à un défi qui, au fil des jours, revêt un caractère alarmant tant les caractéristiques qu'il présente se manifeste dans des proportions sans commune mesure avec tout ce que l'on a pu constater auparavant. Il s'agit en l'occurrence de la croissance des maladies chroniques : maladies cardio-vasculaires, cancer, maladies respiratoires, obésité, diabète, maladies neurologiques et troubles de la reproduction dont la dimension environnementale,  bien qu'elle ne soit pas suffisamment prise en compte, se révèle de plus en plus comme un facteur non négligeable dans leur développement.

"Pourtant, depuis de longues années, la communauté scientifique a accumulé les preuves du lien entre cette épidémie de maladies chroniques et l'environnement, au sens large, c'est-à-dire incluant tous les stress environnementaux, qui vont de la pollution de l'air et de l'eau, aux conditions de travail et d'habitat ainsi qu'à notre alimentation et à notre mode de vie. Cette épidémie n'est pas seulement française ou limitée aux pays développés ; elle affecte tous les pays de la planète, y compris les plus pauvres. Les organisations internationales ont multiplié rapports et prises de position en ce sens. La plus importante est sans conteste celle émise à l'unanimité par l'Assemblée générale de l'ONU à New - York le 20 septembre 2011."

"Nous, chefs d'État et de gouvernement reconnaissons que le fardeau et la menace que les maladies non transmissibles représentent à l'échelle mondiale constituent l'un des principaux défis pour le développement au XXIe siècle [...] reconnaissons le rôle primordial des gouvernements et la responsabilité qui leur incombe de faire face au défi des maladies non transmissibles, et l'impérieuse nécessité pour tous les secteurs de la société d'agir et de s'investir pour susciter des réponses efficaces propres à assurer  la prévention et la maîtrise de ces maladies."

Le défi est qualifié "d'ampleur épidémique". La vision classique d'un monde partagé entre des pays riches touchés par les maladies non transmissibles, qui seraient la conséquence du vieillissement, et en quelque sorte la rançon du progrès, et des pays pauvres, touchés par les maladies infectieuses et la faim, apparaît de moins en moins pertinente.  

Poussée mondiale des maladies chroniques, avancées des connaissances sur les déterminants environnementaux de la santé, mutations des paradigmes scientifiques, toutes les pièces du puzzle sont disponibles pour comprendre les nouveaux défis de la santé à l'échelle de notre planète." (Source, un ouvrage de référence intitulé "Toxique planète". Le scandale invisible des maladies chroniques,   Éditions du Seuil. 2013. André Cicolella, Toxicologue, Président du Réseau Environnement Santé...)

Deux cancers sur trois liés à l'environnement

L'importance de l'environnement peut être estimée par des méthodes le considérant au sens large du terme. En France, les données Inserm montrent que l'incidence des cancers a progressé entre 1980 et 2005 de 88% soit 93% chez l'homme et 84% chez la femme (1). Comme le changement démographique n'explique respectivement que 41 et 29% de la progression, c'est donc le reste, soit 52 et 55% de la progression qui est liée à l'environnement au sens large bien sûr, soit grosso modo deux cancers sur trois. C'est aussi la conclusion à laquelle est arrivé le rapport publié conjointement par deux agences fédérales américaines en 2003. (2)

C'est aussi celle d'une étude basée sur les registres de jumeaux. Les vrais jumeaux ont le même patrimoine génétique. Si les maladies sont génétiques, ils doivent donc avoir les mêmes maladies. Les études utilisant les registres de jumeaux permettent de calculer la part liée aux facteurs héréditaires et la part liée à l'environnement. L'étude menée à partir des registres danois, suédois et finlandais, portant sur 44 788 paires de jumeaux, aboutit à une estimation globale de deux cancers sur trois liés à l'environnement. Pour les trois principaux cancers, la part liée à l'environnement est de 73% pour le sein, 58% pour la prostate et 65% pour le côlon - rectum.(3) Sa conclusion est claire : " Ce résultat indique que l'environnement a un rôle principal dans les causes de cancer."

(Source, un ouvrage de référence intitulé "Toxique planète". Le scandale invisible des maladies chroniques,  d'André Cicolella, Toxicologue, Président du Réseau Environnement Santé).

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1- A.Belot et al, " Estimation nationale de l'incidence et de la mortalité par cancer en France entre 1980 et 2005 ", Institut national de veille sanitaire, 2008.

2- National Cancer Institute et national Institute of Environnemental Health Sciences  "Cancer and the Environment", août 2003.

3- P. Lichtenstein et al, " Environnemental and heritable factors in the causation of cancer. Analyses of cohorts of twins from Sweden, Denmark, and Finland ", New England Journal of medecine, vol 343/2, Juillet 2000, p 78-85.

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A ce propos, un extrait du chapitre 1.1 pages 10 et 11 du PNSE 3 -2015-2019, intitulé "Mieux comprendre et prévenir les cancers en relation avec des expositions environnementales"

"Parmi les pathologies en lien avec des facteurs environnementaux, les risques de cancer doivent particulièrement être pris en compte du fait de la gravité de cette pathologie. L'étiologie de nombreux cancers, qui est une des causes majeures de mortalité et de morbidité en France, est encore aujourd'hui mal connue.

Le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) estime que des facteurs environnementaux au sens large, incluant le tabagisme, l'alcoolisme, le surpoids et l'obésité, l'activité physique, les expositions à différents agents physico-chimiques et à des agents biologiques(virus) par voie alimentaire, cutanée et respiratoire interviennent  dans un très grand nombre de cancers.

Dans l'environnement général ou professionnel, la population est exposée à de multiples agents chimiques ou physiques, sur de longues périodes et à de faibles doses. Certains sont classés par le CIRC comme cancérogènes avérés : rayonnements ionisants(radon, émissions et déchets des installations nucléaires), UV, amiante résiduel dans le bâti antérieur à 1997, benzène (industries, station-service,etc.), pollution atmosphérique (classée cancérogène certain par le CIRC en 2013), formaldéhyde (présent dans différents produits de consommation tels que produits d'entretien ménager, colles), insecticides arsenicaux (ingestion, inhalation), ou encore certaines substances chimiques dont la commercialisation est désormais interdite mais persistantes dans l'environnement, les dioxines (émissions d'incinérateurs dans les années 90) et les PCB qui ont notamment contaminé de nombreux cours d'eaux en France. D'autres sont des agents cancérogènes probables ou suspectés, tels que les perturbateurs endocriniens ou les ondes électromagnétiques."

 

Les perturbateurs endocriniens

Les perturbateurs endocriniens : définition et problématique

Les perturbateurs endocriniens (PE) sont des substances chimiques d’origine naturelle ou artificielle étrangères à l’organisme. Elles peuvent interférer avec le fonctionnement du système endocrinien et induire des effets néfastes sur l’organisme d’un individu ou sur ses descendants (OMS, 2002).

Ces substances peuvent interférer avec « la production, la sécrétion, le transport, le métabolisme, la liaison, l’action ou l’élimination des hormones naturelles » (Multigner, 2007).
Les PE peuvent agir de différentes façons :

  • en imitant l’action d’une hormone naturelle ;
  • en se fixant sur les récepteurs des hormones naturelles ;
  • en gênant ou en bloquant le mécanisme de production ou de régulation des hormones ou des récepteurs, modifiant ainsi les concentrations d’hormones présentes dans l’organisme.

Certains PE sont des composés solubles dans les corps gras (lipophiles), c’est-à-dire qu’ils se fixent sur le tissu adipeux, et peuvent facilement s’accumuler dans les graisses de différentes espèces et ainsi contaminer une grande partie de la chaîne alimentaire. Ainsi, on les dose dans le sang, le tissu adipeux, le lait maternel, le liquide amniotique, le sang du cordon ou les urines.

Des études in - vitro ont contribué à mettre en évidence l’existence d’interaction entre ces composés et des récepteurs hormonaux et à comprendre certains de leurs mécanismes d’action. Les effets des PE sur la santé humaine sont sujets à controverse, notamment leur effet à faible dose. Néanmoins un certain nombre d’affections sont aujourd’hui suspectées d’être la conséquence d’exposition aux perturbateurs endocriniens : baisse de la qualité du sperme, augmentation de la fréquence d’anomalies du développement du tractus génital, de la fonction de reproduction. Le rôle des PE est aussi suspecté pour les cancers dont le développement est influencé par des mécanismes hormonaux (cancers hormono - dépendants).

La littérature scientifique concernant les perturbateurs endocriniens comprend aujourd'hui des dizaines de milliers d'articles. Le rapport OMS-PNUE de Février 2013 en présente la synthèse la plus récente.

Ce rapport historique du PNUE et de l'OMS étudie les effets pour l'homme de l'exposition aux perturbateurs endocriniens chimiques.

L'augmentation observée de la survenue de maladies et de troubles pourrait s'expliquer aussi par d'autres facteurs environnementaux et non génétiques tels que l'âge et la nutrition.

Nairobi, 19 février 2013.  Selon un nouveau rapport publié par le Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE) et l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), intitulé State of the Science of Endocrine Disrupting Chemicals,  de nombreuses substances chimiques synthétiques dont les effets perturbateurs sur le système endocrinien n'ont pas été testés pourraient avoir des conséquences non négligeables sur la santé.

Les auteurs de cette étude conjointe préconisent de mener davantage de recherches afin de bien comprendre les liens qui existent entre les perturbateurs endocriniens  chimiques présents dans de nombreux produits industriels et domestiques et plusieurs maladies et troubles. Le rapport indique que des évaluations plus exhaustives et de meilleures méthodes de test permettraient de réduire les risques éventuels de maladie et de réaliser d'importantes économies en santé publique.

La santé dépend du bon fonctionnement du système endocrinien, qui régule la sécrétion d'hormones essentielles, par exemple, au métabolisme, à la croissance, au développement, au sommeil et à l'humeur.

Certaines substances, connues sous le nom de perturbateurs endocriniens, peuvent perturber une ou plusieurs fonctions du système endocrinien et ainsi accroître le risque de survenue de problèmes de santé.

Certains perturbateurs endocriniens sont naturels alors que d'autres, présents dans les pesticides, les appareils électroniques, les produits d'hygiène personnelle et les cosmétiques, sont synthétiques.

Certains additifs alimentaires ou contaminants présents dans l'alimentation sont également susceptibles de perturber le système endocrinien.

Cette étude du PNUE et de l'OMS,  met en lumière certains liens entre l'exposition aux perturbateurs endocriniens chimiques et plusieurs problèmes de santé. Ces substances chimiques peuvent notamment contribuer à la survenue de la cryptorchidie (absence d'un ou des deux testicules dans le scrotum) chez le jeune garçon, du cancer du sein chez la femme, du cancer de la prostate, de troubles du développement du système nerveux et d'un déficit de l'attention/d'une hyperactivité chez l'enfant, ainsi que du cancer de la thyroïde.

Les perturbateurs endocriniens chimiques peuvent entrer dans l'environnement principalement par le biais des effluents industriels et urbains, le ruissellement des terres agricoles et l'incinération et le rejet des déchets. L'être humain peut y être exposé lors de l'ingestion de nourriture, de poussière et d'eau ou de l'inhalation de gaz et de particules présents dans l'air, ainsi que par contact cutané. En savoir +

Source : United Nations Environment Programme environment for development

 

Bisphénol A

Le bisphénol A (BPA) est un perturbateur endocrinien présent dans les plastiques alimentaires (bombonnes d'eau, boîtes de conserves, canettes, biberons, etc) ou non alimentaires (DVD, verres de lunettes, prises et interrupteurs électriques, papiers thermiques, etc.)

L’ Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) a identifié, en France, près d’une soixantaine de secteurs d’activité potentiellement utilisateurs de cette substance. L’ Agence, sur la base de  ses travaux portant sur l’étude des usages et l’expertise des effets sanitaires du BPA a recommandé dès septembre 2011, une réduction des expositions de la population, notamment par sa substitution dans les matériaux au contact des denrées alimentaires. Ces recommandations ont été confirmées par l’expertise de l’Agence publiée en 2013. Depuis le 1er janvier 2015, l’usage du BPA est proscrit dans la composition des contenants alimentaires (biberons, bouteilles, conserves, etc.). Par ailleurs, depuis 2012, l’Anses a instruit plusieurs dossiers portant sur le BPA dans le cadre du règlement REACh et CLP auprès de l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA).  

On distingue :

  • les substances produites intentionnellement pour leur effet hormonal (hormones de synthèse). C’est le cas par exemple des contraceptifs ou des molécules utilisées dans le traitement de la stérilité ;
  • les substances chimiques de synthèse fabriquées avec des objectifs variés, sans que l’effet sur le système hormonal ait été recherché. C’est le cas des pesticides organochlorés, des herbicides, de certains plastifiants (bisphénol A, certains phtalates), des dioxines ou apparentés (polychhlorobyphényles, PCB), des hydocarbures aromatiques polycycliques (HAP), des retardateurs de flamme, etc.
  • les composés naturels comme les phyto-estrogènes présents dans une grande variété de plantes (génistéine de soja, mycotoxine présente dans les silos à céréales (la zéaralénone), etc).

En 2001, la commission des communautés européennes citait au moins 124 substances suspectes prioritaires (CCE, 2001), et la liste des substances à effet PE ne cesse de s’agrandir (Inserm/Afsset). Le tableau ci-dessous présente quelques exemples de substances à effet PE et leurs sources. Source portail "Perturbateurs endocriniens et risques de cancers". www.cancer-environnement.fr
 

Exemples de familles de molécules à effet perturbateur endocrinien et leurs sources potentielles

 

Famille chimique Sources potentielles Exemples
Phtalates  Plastiques, cosmétiques  Dibutyl phtalate
Alkylphénols  Détergents, plastiques, pesticides  Nonylphenol
Hydrocarbures aromatiques polycycliques  Sources de combustion: fumée de cigarette, émission des moteurs diesels, incendies  Benzo(a)pyrène 
Polychlorobiphényles  Transformateurs électriques  PCB, Arochlor
 
Anciens pesticides  Résiduels de stockage, pollution rémanente  DDT, Dieldrine, Chlordane
 
Autres pesticides  Agriculture, nettoyages urbains, jardins particuliers  Atrazine, Ethylène thiourée, Heptachlor, Lindane, Malathion
 
Retardateurs de flamme  Mousses pour les mobiliers, tapis, équipements électroniques  Polybromodiphényles (PBDE)
 
Dérivés phénoliques Désinfectants, plastiques, cosmétiques  Bisphénols A, Parabens, Halogéno-phénols
 

Source : Expertise collective AFSSET INSERM, 2008: Cancer et environnement.

 
Liens concernant les perturbateurs endocriniens :

- Perturbateurs endocriniens. Présentation et travaux de l'Anses

- PNRPE : Programme National de Recherche sur les perturbateurs endocriniens

- Dossier très complet sur les perturbateurs endocriniens

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Les pesticides

Pesticides : leurs effets néfastes sur la santé  quasiment avérés.

Les pesticides, majoritairement utilisés dans l'agriculture, mais que l'on retrouve partout dans l'environnement sont impliqués dans les pathologies graves comme des cancers ou la maladie de Parkinson, selon une étude de grand ampleur de l'Inserm.

Cancers, maladies du sang, troubles neurologiques, malformations... selon une enquête de l'Inserm, il existerait bien un lien entre ces maladies et les pesticides (insecticides, herbicides et fongicides). Quoique peuvent en dire les fabricants, les preuves sont là : un groupe d’experts, constitué d’épidémiologistes en santé - environnement, en santé au travail et de biologistes spécialistes de la toxicologie cellulaire et moléculaire s'est penché sur 30 années d'études sur le sujet.

En France, les pesticides sont majoritairement utilisés pour l'agriculture (90%) mais aussi pour l'entretien des voiries, le secteur industriel et l'usage domestique (animaux, jardinage...). Les sources d'exposition peuvent être cutanées et respiratoires pour le milieu professionnel et orales pour la population générale. Résultat : ces substances sont présentes dans l’air (air extérieur et intérieur, poussières), l'eau (souterraine, de surface, littoral,...), le sol, et même les denrées alimentaires.

Un impact sur la grossesse. Ainsi, les experts font état de "présomption forte" d'un lien entre les pesticides et huit types  de  cancer  :  quatre cancers hématopoïétiques (qui affectent un organe contribuant à la composition du sang comme la leucémie), ainsi que les cancers de la prostate, du testicule, les tumeurs cérébrales et les mélanomes. Trois maladies neuro dégénératives sont également répertoriées : la maladie de Parkinson, la maladie d’Alzheimer et la sclérose latérale amyotrophique (maladie de Charcot). En outre, les données épidémiologiques sont suffisamment nombreuses pour établir un autre lien entre l'exposition prénatale aux pesticides, et des fausses couches, des malformations congénitales ou encore des tumeurs cérébrales. Le risque concerne aussi bien agricultrices que les femmes vivant près d'une zone agricole et les utilisatrices domestiques. De plus, certains pesticides auraient un impact sur la fertilité masculine, même si les données concernent surtout des produits qui ne sont plus utilisés. Dans ce rapport, l'Inserm demande à ce que la composition complète des pesticides, protégée par le secret industriel, soit publiée. Le lendemain de sa publication, les ministres en charge de la Santé, de l'Ecologie et de l'Agriculture ont fait savoir dans un communiqué qu'ils demandaient une réévaluation des autorisations de commercialisation des pesticides. Ils ont également saisi l'Anses (agence nationale de sécurité sanitaire) "afin qu'elle évalue l'impact de ces nouvelles données sur les autorisations nationales existantes".

Carte de la France. Quels pesticides dangereux sont utilisés près de chez vous ?

Les équipes du magazine de France 2 "Cash Investigation"  et de France TV info ont dressé la carte de France des départements qui utilisent le plus de pesticides dangereux.

Liens concernant les pesticides :

- Les pesticides : une pollution planétaire

- Autorité européenne des sécurité des aliments : EFSA Dossier : Pesticides

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Radiofréquences et santé

L' Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail  (Anses) formule des recommandations pour limiter les expositions aux radiofréquences, notamment des populations  les plus vulnérables.

L’Anses publie  les résultats de l’évaluation des risques liés à l’exposition aux radiofréquences sur la base d’une revue de la littérature scientifique internationale, actualisant ainsi l’état des connaissances publié en 2009. Cette actualisation ne met pas en évidence d’effet sanitaire avéré et ne conduit pas à proposer de nouvelles valeurs limites d’exposition de la population. Elle pointe toutefois, avec des niveaux de preuve limités, différents effets biologiques chez l’Homme ou chez l’animal.  Par ailleurs, certaines publications évoquent une possible augmentation du risque de tumeur cérébrale, sur le long terme, pour les utilisateurs intensifs de téléphones portables.
Compte tenu de ces éléments, dans un contexte de développement rapide des technologies et des usages, l’Anses recommande de limiter les expositions de la population aux radiofréquences – en particulier des téléphones mobiles -, notamment pour les enfants et les utilisateurs intensifs, et de maîtriser l’exposition générale résultant des antennes - relais. Elle va par ailleurs approfondir le travail concernant les électro - sensibles, en examinant plus spécifiquement toutes les données disponibles en France et à l’international sur ce sujet qui mérite une attention particulière.

Les radiofréquences constituent un objet de préoccupations sanitaires, environnementales et sociétales important depuis plusieurs années en France. D’une part, l’évolution des nouvelles technologies de communication sans-fil s’accompagne d’un changement permanent des signaux radioélectriques utilisés et de la nature des terminaux de communication. D’autre part, l’augmentation du nombre d’utilisateurs et des types d’usage conduit à une évolution rapide de l’exposition aux radiofréquences et à son accroissement potentiel.

Un extrait du chapitre un extrait du chapitre 2.6.3  pages 73 et 74  du PNSE 3 -2015-2019, intitulé "Mieux connaître les expositions liées aux radiofréquences et mettre en oeuvre les recommandations du COPIC ondes".

"Le développement des technologies utilisant des ondes électromagnétiques s'est fortement amplifié ces 20 dernières années. Ces nouvelles technologies sont susceptibles d'augmenter l'exposition de la population générale ou des utilisateurs et s'accompagnent de multiples questions et d'inquiétudes notamment en ce qui concerne leurs possibles impacts sanitaires.

Par exemple les émissions de  champs électromagnétique des antennes relais sont volontiers considérées comme une pollution subie, à des niveaux d'exposition supérieurs à la moyenne (quand bien même celle-ci est très faible - et les travaux du COPIC l'ont montré) ou  lorsque des publics particuliers (enfants notamment) sont concernés. Les incertitudes scientifiques sur ce sujet nécessitent une vigilance et un suivi, ainsi que la poursuite d'un objectif de transparence de l'information et de sobriété en matière d'émission d'ondes électromagnétiques."

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Risques liés aux nanoparticules

Évaluation des risques liés aux nanotechnologies.

Les dernières décennies, les nanotechnologies ne cessent de se développer et de mobiliser les chercheurs et ingénieurs, dans des domaines et des disciplines scientifiques très variées. En effet, la possibilité de contrôler et manipuler la matière aux échelles nanométriques ouvre de nouvelles perspectives révolutionnaires dans bien des secteurs. Les domaines de la santé, de l'énergie et de l'électronique comptent ainsi parmi ceux qui devraient être le plus touchés par ces nouvelles technologies.

Cependant, les nanotechnologies sont aussi au coeur de débats de société : les enjeux et risques potentiels engendrés par leur utilisation du point de vue de la santé, de la sécurité et de l'environnement sont en effet mal connus à ce jour, et suscitent des inquiétudes. Or, de nombreux nanoproduits sont déjà sur le marché dans les pays industrialisés : ils sont présents dans certains médicaments, produits cosmétiques et pommades, textiles, cellules solaires ou encore additifs alimentaires. Par ailleurs, l'expansion des nanotechnologies dans les années à venir s'annonce conséquent, avec le développement de nouvelles technologies aux nouvelles capacités. En 2009, les développeurs ont tiré plus d'1 milliard de dollars de la vente des nanomatériaux. Ce chiffre devrait atteindre les 3000 milliards de dollars d'ici 2015 ! L'exposition aux nanomatériaux des industriels et consommateurs, ainsi que de l'environnement va donc aller en augmentant. Il devient urgent de palier aux lacunes de la recherche sur la compréhension globale des propriétés des nanomatériaux afin d'en apprécier les risques pour la société en général.  En savoir plus

Les risques liés aux nanotechnologies trop souvent étouffés.

Les  médias  ont  tendance  à  minimiser  les  dangers  connus  ou  supposés  des nanotechnologies.

La presse serait-elle trop complaisante ? D’après une analyse des articles scientifiques publiés sur le sujet des nanotechnologies, il ressort clairement que oui. Qu’il s’agisse d’articles professionnels, de publications scientifiques ou d’écrits d’une presse grand public, le thème des nanotechnologies est présenté de façon positive, sans débattre des éventuels points négatifs ni même des incertitudes liées à l’impact environnemental. En savoir plus

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Perspectives de l'environnement de l'OCDE à l'horizon 2050 : les conséquences de l'inaction.

Dans l’édition 2012 de son rapport « Perspectives de l’environnement à l’horizon 2050 – les conséquences de l’inaction », l’OCDE a consacré une partie importante aux répercussions sur la santé de quatre facteurs environnementaux : la pollution de l’air, l’approvisionnement en eau non potable et le défaut d’assainissement, les produits chimiques dangereux et le changement climatique. Il n’élude pas pour autant les risques émergents que représentent les perturbateurs endocriniens, les nanomatériaux manufacturés ou encore la multiplication des champs électromagnétiques.

   ²

Ces dernières décennies, l’humanité a bénéficié d’une croissance et d’une prospérité sans précédent ; la taille de l’économie mondiale a plus que triplé depuis 1970, tandis que la population de la planète augmentait de plus de 3 milliards de personnes pour atteindre 7 milliards aujourd’hui. Or cette croissance s’est accompagnée d’une pollution de l'environnement et d’un épuisement des ressources naturelles qui pourraient bien, à terme, compromettre le développement humain. Si la protection de l'environnement et la conservation des ressources naturelles continuent de figurer parmi les grandes priorités de l’action publique, de nombreux pays doivent aussi faire face à une croissance économique en berne, des finances publiques sous haute tension et des taux de chômage élevés. Pour s’attaquer à ces défis pressants tout en répondant aux besoins des plus de 9 milliards d’habitants que devrait compter le monde en 2050, il est indispensable de trouver de nouvelles sources de croissance, plus « vertes ».

 

« Que réservent les quatre décennies à venir ? » : telle est la question posée par les Perspectives de l’environnement de l’OCDE à l’horizon 2050. Cette étude, qui s’appuie sur les travaux de modélisation menés conjointement par l'OCDE et l’Agence d’évaluation environnementale des Pays-Bas (PBL), se projette dans l'année 2050 pour imaginer quelles répercussions les tendances économiques et démographiques pourraient avoir sur l'environnement si le monde n’adopte pas de politiques vertes plus ambitieuses. Elle cherche aussi à déterminer quelles politiques seraient susceptibles d’améliorer ces perspectives. Les principaux domaines abordés sont le changement climatique, la biodiversité, l’eau et les effets de la pollution sur la santé, quatre défis environnementaux majeurs identifiés dans les Perspectives de l'environnement à l’horizon 2030 (OCDE, 2008) comme des « feux rouges » nécessitant une attention urgente.
Source : Perspectives de l'environnement de l'OCDE à l'horizon 2050.

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